Saint-Just. La
légende court sur la lande
A
Saint-Just (Ille-et-Vilaine) le site mégalithique
le plus important de Bretagne intérieure révèle
des traces d'occupation humaine il y a plus de 6.500
ans. De cette époque très lointaine, les
landes de Saint-Just conservent les vestiges de grands
foyers rituels et d'un dolmen primitif. Les autres monuments
du site datent de l'âge de Bronze, il y a (seulement)
4.000 ans.
Beaucoup plus récentes, les légendes courent
sur la lande. Les pierres du vieux monde, levées
sur une terre propice au merveilleux, suscitent toujours
les croyances les plus fantastiques.
L'imagination
populaire y associe l'existence d'êtres surnaturels.
Korrigans, géants, bonnes et mauvaises fées,
magiciens, tous jouent un rôle dans l'érection
sauvage des dolmens et menhirs. Même le Dieu des
chrétiens prête main forte. On raconte
que trois jeunes écervelées allèrent
danser sur les landes plutôt que de se rendre
aux vêpres. Mal leur en prit : la main divine
les pétrifia! Depuis, "Les Demoiselles de
Cojoux" forment trois beaux bloc de quartz de trois
mètres de haut, dont l'un git à terre.
Décidément,
la tradition n'est pas tendre avec les demoiselles d'antan.
Sur les dalles du tumulus le Château Bu, c'est
une jeune fille que nos ancêtres immolaient chaque
année. Ce monument, grillagé par souci
de préservation, est unique en Bretagne. L'ensemble
mégalithique se présente comme un large
tumulus coiffé d'un cercle de menhirs blancs
massifs. En 1990, l'archéologue Jacques Briard
a révélé l'existence d'un monument
bien plus ancien enfoui sous le Château Bu. Les
fouilles ont permis d'exhumer un dolmen primitif du
néolithique, au dessus duquel les hommes de l'âge
de bronze avaient, sans vergogne, érigé
leur propre monument. La chambre funéraire ainsi
mise à jour aurait donc 6500 ans. La découverte
d'un vase de très bonne facture le confirme.
Malheureusement, en raison de l'acidité du sol,
aucun vestige humain n'a pu être mis en évidence.
Si
la découverte du dolmen primitif a renforcé
l'intérêt du lieu, on ne peut que regretter
les déprédations causées depuis
le début du siècle sur ce site très
riche en monuments préhistoriques (le deuxième
après Carnac). Certains documents du XIXe siècle
attestent l'existence de nombreux menhirs aujourd'hui
disparus. Ils ont été utilisés
pour la construction de maisons, l'aménagement
de routes, ou la réalisation de monuments à
la gloire du christianisme (calvaire de Saint-Just).
Deux beaux dolmens (estampillés Saint-Just) trônent
même à l'une des entrées de l'usine
Citroën, à Rennes.
Aujourd'hui
le site est restauré et protégé.
Il est la propriété du département
d'Ille-et-Vilaine.
Y.T.
Renseignements
Mairie : 02 99 72 00 46
Foyer d'animation rural : 02 99 72 61 02
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